SANS CESSE. LE CORPS DES FEMMES ENTRE QUÊTE DE BIEN-ETRE ET INJONCTIONS MEDIATIQUES

Publié le

11 mai 2011 – Rita Caccamo (Professeur à l’Université La Sapienza à Rome)

Cette communication s’inscrit dans la lignée des travaux de Rita Caccamo. Elle réfléchit en effet aux questions de la recherche effrénée et illimitée du bien-être, notamment chez les femmes.

A partir d’observations participatives, d’interviews dans les lieux dédiés au bien-être dans la région de Venise, à l’instar des spa, des centres de fitness et des salles de sports, notre chercheuse constate que cette recherche du bien-être n’est jamais complètement achevée dans une société caractérisée par les valeurs fondamentales de la jeunesse et la beauté. Pour atteindre « l’apparence démocratique », les acteurs sociaux s’engagent dans une démarche constituée d’étapes toujours plus lointaines et plus difficiles à dépasser, transformant cette quête en un véritable parcours d’obstacles voire un terrain semé d’embûches.

La recherche du bien-être s’apparente en effet à une mode qui modifie perpétuellement ses standards, tout en produisant une forme de stress dans la vie quotidienne et dans l’imaginaire des sujets engagés dans cette démarche. Cette quête du bien-être s’achève finalement sur une sorte de malaise postmoderne, immatériel mais rhizomatique.

Cette démarche apparemment émancipatrice pour la femme, qui la place en tant que protagoniste principale de son propre corps dans l’espace physique quotidien, se révèle en fait comme un vrai champ de conflit. Illustrée par une analyse visuelle de deux journaux de mode et de santé des années 2009-2010, et un documentaire de la télévision italienne sur la corporéité féminine, cette étude de la recherche du bien-être féminin inscrite dans la ligne d’interprétation du sociologique Erving Goffman révèle en fait la double tendance à infantiliser la femme, tout en soulignant sa présence subordonnée à la société de consommation.

 

Compte-rendu global (prises de notes Emilie Coutant)

« Sans cesse. le corps de la femme entre quête du bien être et injonctions médiatiques »

 

1/

Passage mode moderne > postmoderne. Travaux de Simmel.

Documentaire d’une demi-heure sur le corps de la femme à la TV. Non visualisé.

Le corps féminin a bcp changé, surtout en ce qui concerne les soins du soir ; le corps a tjrs existé, des formes les plus élémentaires aux plus artificiels. Cf. Foucault.

Depuis l’époque impériale romaine, dvpt du soin du corps. Médecine. Puis dvpt ère judéo-chrétienne : sexualité. Epoque moderne : virage historique dans les soins du corps, gymnastique, nouvelles attentions au corps, régime diététiques, corps balnéaire.

Jusqu’au XXème siècle le visage représentait le lieu symbolique de la féminité. Montrait les émotions. Décisif pour décider de la beauté d’une femme.

La beauté était individuelle, non homologuée, non homologable, elle était très rare. Le visage racontait al biographie corporelle. La vue, objet privilégiée des visages.

Aujourd’hui nouvelle sensualité qui s’élargir avec la PM. Loisirs, spectacles, médias, espaces. Dépasse la dimension ethnique, générationnelle, l’âge…etc. il suffit de paraître jeune grâce aux soins. Un nouvel hédonisme s’est diffusé, partiellement excessif. Le but de tout ceci étant de sentir bien dans sa peau. Toutefois, construire le corps est très compliqué. La construction du corps est très imp. Pour la construction de l’identité.

Le soin du corps répond à une forte recherche d’identité/identification.

Le corps de la femme a investit de nouveaux champs de bataille : politique, éthique….

La diffusion des cosmétiques pour un marché de masse crée l’idée d’une démocratisation de la beauté.

Jeunesse – santé – beauté : triade imaginaire à destination des femmes quasi exclusivement

Forme des talons (aiguilles….très hautes…) est presque dangereuse

Recherche textuelle sur magazine mode, beauté, santé sur un an (2009) : Santé et beauté  –  Velvet

Le corps féminin est tjrs au centre de la scène de façon exclusive voire abusive ; dénonciation de ce type de publicité de genre utilisée de façon excessive y compris pour les produits qui n’ont aucun rapport avec la beauté féminine (cf. pub bière avec mannequin blodne). Les codes publicitaires font l’objet d’une véritable manipulation. L’identité féminine fait l’objet d’une morcellement et d’une mortification.

Question de Bernard Troude : pourquoi ce morcellement ? il s’agit d’une question juridique et financière.

La recherche du bien être réveille un coté postmatérialiste : recherche d’une situation où il y a moins de coercition, recherche d’un corps idéal via un retour à la nature, sortie du territoire urbain jugé comme pollué

Oisiveté, sérénité, libéré des pressions sociales

« Prends soin de ton corps pour toi-même ». OK mais Lao Tseu disait « Prends soin de ton corps pour les autres ! »

Le désir de maintien du corps en vue du bien-être est lié ttefois aux injonctions sociales. Le corps contient une ambivalence : il exprime des exigences liées à l’autonomie personnelle. La forme physique. Rechercher le fitness signifie être prêt à se mesurer à soi-même. Il n’y a pas de règles pour le fitness. On ne sait jamais i l’on est parvenu à une forme du corps suffisante, un poids suffisant ………. SANS CESSE ! Peut-être jusqu’à aller au delà du malaise  esthétique ? Création d’une condition auto-réflexive. Réflexion continue sur soi et sur les autres qui est à la base d’auto-approbation et d’auto-réprobation. Il est vrai que l’on a tjrs qq chose à se reprocher, on n’est jamais contente de soi-même. Exemple du régime : autonomie personnelle/manipulation du marché

La notion de régime de santé change constamment. On découvre les dangers probable bien avant de pouvoir faire le constats des effets bénéfiques de tel ou tel régime.

Le régime pose de nbreux pbs de bien-être : sensation d’être gros, sensation d’inconvenance, sensation de non-satiété, inadéquation physique (gêne, stigmatisation du corps)

 

2/

Le marché du bien-être en Italie a commencé à se développer tardivement (70 ‘s) : rôle central des médias. Réponse à une mouvance socio-culturelle spécifique. La recherche du bien-être est en lien avec le désir d’ostentation : mise en avant de son propre corps.

Débat sur la mode de rue : quelle influence sur les collections couture ? Sous culture juvéniles, fast fashion (h&M, Zara…), blogueuses influentes

Mode vestimentaire/ mode corporelle ; centres de soins sont très nombreux en Italie (esthéticiennes, spas, beauty farm)

Fonction de luxe émotionnelle, nommée aussi « post-ostentatoire »

Obs. participative d’un beauty farm du nord de l’Italie : il y a bcp de femmes seules, +/- à l’aise notamment au restaurant, homme présents mais le plus souvent en couple même si la part d’hommes seuls augmente constamment. …

Quête équilibre entre le bien-être, la recherche de l’esthétique et les injonctions sociales.

Le voyage du bien –être est un défi pour l’identité physique. Femme sont à la fois victimes et complices.

Uniforme qui tend à rendre visible les identités individuelles.

CCL : Recherche sur la mode nous permet de lire les éléments cruciaux de la quête du bien-être au prisme des injonctions médiatiques.

 

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