LE JEUNE HOMME EFFÉMINÉ DES ANNÉES FOLLES : DES « DEMI-GARÇONS » POUR DES « DEMI-FILLES » ?

Le séminaire du GEMode a l’honneur d’accueillir mardi 13 mars 2018 Pierre-Jean Desemerie, jeune diplômé de Science Po et de l’Ecole du Louvre, pour une communication intitulée:

Le jeune homme efféminé des Années folles : des « demi-garçons » pour des « demi-filles » ?

Résumé: Les différentes expositions sur les célèbres Années folles, aussi bien celle de 1970 du musée du Costume de la ville de Paris que celle de 2007 du Palais Galliera, ne s’intéressaient pas au vestiaire masculin et aux pratiques corporelles de l’homme. Aucun vêtement d’homme n’y était montré, et les Années folles semblaient l’apanage de la garçonne. Si le mythe de la masculinisation de la femme commence à hanter les esprits, les Années folles ne peuvent se comprendre en s’intéressant uniquement à cette hybridation du genre en sens unique. Si des Années folles sourdent de nombreuses voix conservatrices et critiques, c’est pour une raison plus globale sur les sexualités : ces années sont celles de la redéfinition des genres, et les jeunes hommes sont loin d’être en reste. La féminisation du vestiaire masculin est au cœur des préoccupations contemporaines, au cœur du débat social, dépassant les simples périodiques de mode spécialisées. La jeunesse tendancieuse qui connaît l’efféminisation est une part des Années folles si souvent oubliée, ne s’étant majoritairement intéressée, en terme d’usages vestimentaires, qu’aux femmes, ou au vestiaire classique, outre-Manche.

Pierre-Jean Desemerie, diplômé d’un double Master en Histoire à Sciences Po Paris et Histoire de l’art à l’Ecole du Louvre, a conduit une recherche sur les « Mythes de l’histoire de la mode dans les premières décennies du XXe siècle (1907-1932) », en s’intéressant notamment aux questions d’émancipation féminine si souvent formulées dans les grands ouvrages de la mode traitant du début du XXe siècle. Son travail axé sur les modes féminine et masculine s’est fondé sur l’utilisation d’archives jusqu’ici très peu utilisées, depuis les archives juridiques de l’Ancien tribunal de Seine, aux archives de la Préfecture de Police, en passant par les archives des Grands Magasins parisiens, afin de comprendre la mode et le corps de mode comme objets de consommation et de pression sociale.

INFOS PRATIQUES:
– Ouvert à tous (étudiants, chercheurs, professionnels…)
– Inscriptions gratuites pour les membres du GEMode à gemode@ceaq-sorbonne.org
– Inscriptions 10€ pour les non-membres sur http://www.gemode.org/devenirmembre
– Lieu: LISAA Mode, 13 rue Vauquelin, Paris V, M°Censier-Daubenton
– Date / Horaires: 13 mars 2018 / 19h00- 20h30

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code