LE DEFILE DE MODE: PERFORMANCE RITUELLE ET DIGITALE

Publié le

25 février 2014 – Aurélia Gualdo (EHESS)

Résumé:

La pratique rituelle du défilé de mode s’internationalise au fil du temps jusqu’à s’affranchir dans les pays émergents et les zones à risque, comme le Pakistan, le Niger ou le Cambodge. L’intervention d’un rite pour instaurer un nouvel ordre symbolique semble nécessaire au bon fonctionnement de la mode. Le défilé de mode tel que nous le connaissons en Occident semble relever d’un rite séculier, en tant que pratique culturelle à caractère sacré et symbolique en rapport avec le milieu laïc. La visibilité de ces défilés de mode est possible en grande partie grâce à internet. L’influence des nouvelles technologies sur l’environnement de la mode semble participer à leur développement. À travers les vidéos des défilés de mode, sur des réseaux sociaux tel que YouTube, les pays développent des sortes de performances digitales qui permettent une interaction globale. Des organismes indépendants, tel que World Fashion Organization, se créent pour organiser des Fashion Weeks dans les pays émergents, tandis que dans les pays occidentaux les médias sur la mode travaillent de plus en plus leur visibilité sur internet grâce au Fashion Film. Il est intéressant de se demander en quoi la performance rituelle du défilé de mode participe à une globalisation de la mode et à l’émergence de nouvelles pratiques culturelles dans les pays émergents, en particulier à travers le digital. L’étude porte sur une série d’entretiens d’acteurs de la mode et producteurs de défilés de mode et une analyse des vidéos sur YouTube

Compte-Rendu:

Dans le cadre d’une émancipation des cultures numériques dans l’univers de la mode, le GEMODE, Groupe d’Étude sur la mode, organise cette année un cycle de conférences spécialisé sur l’environnement numérique à travers lesquelles il est possible de voir l’avancée des recherches sur la mode et son utilisation du numérique. Mardi 25 février, le séminaire invitait Aurélia Gualdo pour débattre sur la performance rituelle du défilé de mode et sa médiation numérique. La pratique rituelle du défilé de mode s’internationalise au fil du temps jusqu’à s’affranchir dans les pays émergents et les zones à risque, comme le Pakistan, le Niger ou le Cambodge. L’intervention d’un rite pour instaurer un nouvel ordre symbolique semble nécessaire au bon fonctionnement de la mode. Le défilé de mode tel que nous le connaissons en Occident semble relever d’un rite séculier, en tant que pratique culturelle à caractère sacré et symbolique en rapport avec le milieu laïc. La visibilité de ces défilés de mode est possible en grande partie grâce à internet. L’influence des nouvelles technologies sur l’environnement de la mode semble participer à leur développement. À travers les vidéos des défilés de mode, sur des réseaux sociaux tel que YouTube, les pays développent des sortes de performances digitales qui permettent une interaction globale. Des organismes indépendants, tel que World Fashion Organization, se créent pour organiser des Fashion Weeks dans les pays émergents, tandis que dans les pays occidentaux les médias sur la mode travaillent de plus en plus leur visibilité sur internet grâce au Fashion Film. Il est intéressant de se demander en quoi la performance rituelle du défilé de mode participe à une médiation numérique de la mode et à l’émergence de nouvelles pratiques culturelles dans les pays émergents, en particulier à travers le digital.

L’intervention a duré 30 minutes et s’est répartie en trois étapes : les éléments de contexte, une discussion générale sur le sujet et la méthodologie. L’étude n’étant pas encore finie, l’étudiante insiste sur le fait que son intervention porte sur des pistes de recherche et non sur un résultat final. Le contexte a évoqué la performance du défilé de mode en tant que rituel séculier, notamment avec les lectures de Claude Rivière, Richard Schechner et Victor Turner. Il faudra donc définir la notion de sacré à travers la mode. La discussion générale se concentrait exclusivement sur la médiation numérique dans la diffusion des styles et de la mode, en prenant l’exemple du défilé de mode et en distinguant les différentes communautés de l’univers de la mode par les différences suivantes : la Mode institutionnelle des engouements, une mode globale d’une mode glocale. Pour conclure, le défilé de mode semble être un exemple de cette médiation et devient une performance interculturelle.

À la fin de l’intervention, les premières questions qui lancent le débat portent sur l’aspect rituel du défilé de mode. Considérer le défilé de mode en tant que rituel séculier, c’est considéré l’action dans sa totalité aussi bien pour le créateur et les acteurs que pour les spectateurs. Pour autant, l’étudiante précise que l’étude s’intéresse surtout à la réception du défilé et moins à la création d’un défilé, même si les deux vont de paire. Définir un sacré dans la mode et parler de sacré sur le numérique posent également problème, d’où l’idée d’une « aura » numérique selon Ornella Pistilli qui est sous-jacente à l’étude. Julie Obadia revient sur la notion de performance, par qui se joue-t-elle, le couturier ou les acteurs ? De plus, elle compare le défilé de mode diffusé sur Internet aux messes dominicales diffusées à la télévision. L’étude porte sur le comportement et l’interaction créée par le défilé, et dans ce cas la performance ne se situe pas seulement à travers le couturier ou les acteurs mais dans toute son interaction. Les auditeurs reviennent sur la notion du temps sacré dans la mode, on suggère à l’étudiante d’approfondir l’aspect « hors du temps » du défilé de mode. Nesrine Khalfet indique sur une approche systémique qui pourrait ne pas apporter de résultats finaux. À ce propos, Émilie Coutant fait remarquer que le sujet est vaste pour un mémoire et qu’il faudrait recentrer l’étude sur un thème. Certains auditeurs font part de leur expérience personnelle du défilé de mode, notamment une remarque intéressante d’une auditrice, qui précise qu’en Russie il n’y a pas d’acheteurs pendant la semaine de la mode, ce qui renforce l’idée du défilé de mode en tant qu’événement rituel. Une autre remarque porte sur la méthodologie, en particulier sur l’observation participante du défilé Kenzo, une auditrice conseille de tout faire pour avoir le rôle d’habilleuse lors de cette observation pour être au cœur du sujet. Une dernière remarque concerne la notion du défilé sur Internet, après avoir défini le défilé de mode en tant que rituel, il faudra le définir sur Internet.

À l’issue de ce séminaire, les auditeurs ont été interrogés sur la notion de sacré à travers deux objets d’étude : la mode et le numérique. La médiation numérique est un fait à prendre en compte dans l’univers de la mode et une méthodologie doit se développer sur le sujet. L’idée principale était de voir comment penser et critiquer la mode à travers une approche contemporaine.

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