GIRLS RULE, KIND OF (STRATEGY) : POUR UNE AUTRE VISION DE LA FEMME

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20 octobre 2011 – Marie Vicet (Université Paris X- Histoire de l’Art )

Depuis l’avènement de MTV en 1981 et la diffusion à grande échelle de clips vidéo dans le but de vendre encore et encore plus de disques, la femme, comme déjà en publicité, a été utilisée comme argument de vente, vue comme objet de fantasme pour le téléspectateur. Avec le mouvement punk à la fin des années 1970, la libération de la femme et la revendication de sa place en tant qu’artiste a explosé et c’est tout naturellement que les artistes plasticiennes ont dès le début des années 1980 proposé une autre vision de la femme au travers du clip vidéo ou une critique de son utilisation dans un but uniquement commercial. En 1982, l’artiste vidéaste Dara Birnbaum réalise un clip vidéo posthume pour la chanson Fire ! de Jimi Hendrix. Elle transporte le thème de la chanson dans l’univers consumériste des fast-foods et met en question le statut de la femme consommatrice et consommée. En 1987, elle réalise une autre vidéo pour la chaîne MTV dans laquelle elle propose cette fois une image de la femme plus indépendante, qui décide par elle-même. De la même façon dans les années 1990, Sadie Benning, jeune artiste féministe qui ne se reconnaît pas dans les images véhiculées par la télévision propose une nouvelle vision de l’image de l’adolescente dans le clip German Song qu’elle réalise en 1995 pour le groupe Come. En 1998, dans le clip vidéo d’Aerobicide qu’elle réalise pour Julie Ruin, projet solo de Kathleen Hanna, pionnière du mouvement du Riot Girl, Sadie Benning dénonce les campagnes de publicité destinées aux femmes pour les inciter à acheter tel ou produit. C’est dans la même veine critique qu’Elisabeth Subrin, vidéaste qui avait déjà collaboré sur d’autres projets avec Sadie Benning, réalise en 2002 le clip Well, Well, Well pour le Tigre, le nouveau groupe de Kathleen Hanna. Il sera question dans cette communication de voir comment certaines artistes féminines utilisant le médium vidéo se sont emparé du clip vidéo musical pour proposer une nouvelle vision de la femme qu’elles ne retrouvaient pas à la télévision sur des chaînes comme MTV. »

Marie Vicet est doctorante en histoire de l’art contemporain à l’Université de Paris Ouest Nanterre – La Défense, Marie Vicet a entrepris depuis 2008, sous la direction de Thierry Dufrêne et de Françoise Parfait, une thèse de doctorat intitulée « « La forme courte en art vidéo – Art contemporain et clip vidéo des années 1980 à nos jours. » dans laquelle elle s’intéresse aux liens et aux interactions existants entre ce programme télévisuel né au début des années 1980 et la scène artistique contemporaine et tente ainsi de démontrer l’influence de cette nouvelle « forme courte » sur le travail d’artistes vidéastes et comment en retour ces derniers s’en sont emparés dans leur travaux ou comment ils ont réussi à s’immiscer dans l’industrie du clip vidéo en réalisant des clips vidéo pour des musiciens reconnus ou encore en produisant des vidéos diffusées sur MTV. Elle est par ailleurs chargée de cours en Histoire de l’Art à l’Université Paris Ouest Nanterre – La Défense.

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